Le beau pays d’Onironie

Le Beau Pays d’Onironie (1973 – 1974)

Lucien Meys :
« En 1972, Greg, alors rédac’chef de Tintin, me propose une série dans le journal et me donne carte blanche.
A la même époque paraît le « Penguin book of Comics », une encyclopédie de la BD anglo-saxonne. « Krazy Kat » de Georges Herriman y est sacré « THE GREATEST ». Une petite phrase m’avait frappé : « Krazy Kat est mort avec son auteur en 1944 ». Personne n’avait donc repris le flambeau. Je me suis dit : « Pourquoi pas moi, un admirateur inconditionnel de cette série depuis mon enfance ? ».
Trois mois plus tard, j’ai présenté à Greg les six premières planches du « Beau Pays d’Onironie ».
– « Bravo. Mais je ne peux pas prendre », m’a dit Greg. « On va se faire démolir par les fanzines ».
Dans mon enthousiasme, j’avais oublié l’existence de ces publications où les rédacteurs passaient facilement de l’éloge le plus débridé à l’invective la plus féroce. Ils n’allaient pas se priver du plaisir de m’accuser de honteux plagiat et de Dieu sait quelle autres perversions. J’ai rangé les planches dans un tiroir. Après tout, je m’étais bien amusé et je me suis tourné vers d’autres projets.
Six mois plus tard, Greg m’a rappelé.
– « J’ai réfléchi, je prends ».
Il écrivit un texte d’introduction où il précisait que « M le Magicien » de Mattioli et « Le Concombre Masqué » de Mandryka n’auraient pas existé sans « Krazy Kat ».
L’aventure aura duré le temps d’une trentaine de parutions avant d’être sanctionnée par le referendum annuel des lecteurs de Tintin.
30% de votes favorables permettaient à une série de se poursuivre. J’avais seulement 28%. »

Depuis, Lucien Meys se consacra surtout à l’illustration et la peinture. Hors normes et hors époque, ne faisant qu’épisodiquement de la BD. Par plaisir et avec ironie.
(extraits de la préface de « Le beau pays d’Onironie » – Editions Forma in quarto, 1992)

 

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Le poste de rédacteur en chef du journal “Tintin”

-« Vous travailliez très vite ? »

– « Oui. Quand Raymond Leblanc me proposa le poste de rédacteur en chef du journal “Tintin”, on discuta des conditions. On était d’accord sur tout. Et puis il me dit le montant de mon salaire. “Eh bien d’accord” lui ai-je dit, “je viendrai faire ça à mi-temps”. “Comment ça, à mi-temps ?” me demande-t-il alors. Je dis “Oui, votre journal, il faut trois heures par jour pour le faire…” “Mais, Monsieur Greg !” proteste-t-il. “Votre journal sera fait, ça c’est la garantie. Et le mi-temps, c’est pour le cas où vous voudriez me voir. Vous saurez que je suis là.” Je venais faire son journal, je repartais chez moi, je déjeunais rapidement, j’arrivais à l’appartement qu’on avait loué à Etterbeek, place du Roi Vainqueur, qui était le fameux “studio Greg”. Et, comme Dany vous l’a sans doute raconté, mes jeunes recrues entendaient la porte s’ouvrir et, trente secondes plus tard, le cliquetis de ma machine à écrire. Parce qu’en fait, je couchais sur papier ce que j’avais déjà imaginé dans la rue, pendant le trajet, pour telle ou telle histoire. J’arrivais, je m’asseyais et je travaillais jusqu’au soir. J’étais très content. »

Entretien de Hugues DAYEZ

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Les débuts de Dany

Les débuts de Dany : Greg vs Hergé…

Dany intègre le Journal Tintin en 1966 comme assistant de Mitteï, et en réalisant les décors de Ric Hochet, Quentin Gentil et Achille Talon. Sur son temps libre, il réalise ses premiers bandes en tant qu’auteur et les soumet, sur les conseils de Mitteï, au directeur artistique de l’époque, qui n’est autre que Hergé :
« Imaginez l’émotion ressentie rien qu’à l’idée de cette rencontre alors que j’avais à peine 22 ans. Hergé est arrivé, très classe, a regardé mes quatre planches et m’a dit que ce que je faisais était intéressant mais que l’influence de Franquin était bien trop forte (…) En plus, j’avais pompé mes personnages féminins sur ceux de Kiraz que j’avais découvert dans le journal de ma mère, Jours de France, persuadé que personne chez Tintin ne connaissait Kiraz. Mais Hergé en a remis une couche en me disant que mes filles, c’était « du Kiraz ». Putain ! J’étais liquéfié ! Il a ajouté que ce serait bien que j’acquière vite mon propre style et est parti ! Puis Philippart (le rédacteur adjoint) est revenu dans le bureau, a pris mes planches et au lieu de me les rendre, les a mises dans un tiroir.
Un an plus tard, Greg m’a contacté pour me demander si cela m’intéressait d’intégrer son studio. Je suis donc monté à Bruxelles début 1967 pour rejoindre son équipe composée de Dupa et Hermann. Sitôt arrivé, il m’a annoncé qu’il allait passer quatre de mes pages dans le journal Tintin dont il assurait désormais la rédaction en chef. C’étaient celles que Philippart avait mises dans un tiroir et que Hergé avaient démolies… »

(extrait de DBD N°106 – spécial 70 ans du journal Tintin – septembre 2016)

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Tommy Banco

Tommy Banco, une série destinée à la presse italienne…

«Une maison d’édition italienne publiait Luc Orient. Un autre journal italien souhaitait reprendre la série. Avant qu’il l’obtienne, on nous a demandé de créer quelque chose, ça a été Tommy Banco. Mais avant qu’on l’ait envoyé en Italie, Luc Orient était disponible et, du coup, ce journal a laissé tomber Tommy Banco. Il ne l’a publié que plus tard. On l’a fait publier dans le journal de Tintin à l’époque, mais il n’a pas été créé pour ça. »
Greg a signé le premier scénario, « Territoire zéro », et a passé la main à Jean Roze (ou Jean Rose, alias Jean-Marie Brouyère, un ancien du studio Greg), avant de laisser la conclusion à Jacques Acar…

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Edi-Monde

Septembre 1975, le journal Tintin (France) est repris par Edi-Monde, avec à sa tête un vétéran de l’âge d’or des comics américains, Paul Winkler. Entre G.I. Smith, Agent secret X9, Popeye et Steve Canyon, Achille (et « L’homme à deux têtes ») fait de la résistance…

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Vicq

Comme il a déjà été dit ici (voir https://michelgregblog.wordpress.com/2017/…/07/eddy-paape-2/) , Greg a toujours mis en avant ses dessinateurs dans les revues qu’il dirigeait, ceci depuis Paddy jusqu’à Tintin.

Ici Vicq en 1974 dans Tintin belge n°6 : la galerie photo de Tintin, qu’on était sensé avoir avec nous si on rencontrait un des dessinateurs pour le faire signer en dessous. Je ne sais pas si l’un d’entre nous l’a jamais fait, je crois qu’on préférais avoir une dédicace dessinée

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